« On m’appelle, je rapplique »

Par Florence Méréo – Publié le 13.06.2012 sur Le Parisien.fr 

SAINTE-GENEVIÈVE-DES-BOIS, HIER MATIN. Levée à 6 heures, l’inépuisable Marcelle enchaîne avec un tractage pour le candidat PS dès 7 h 30 à la gare. (LP/F.M.) 

«Ah, voilà Marcelle ! Elle est toujours là. Infatigable », commente ce militant en embrassant la « fameuse » Marcelle. Il est 7h30 et l’habitante de Sainte-Geneviève est parée pour un tractage à la gare. Elle court de badaud à badaud pour donner un document à l’effigie de son poulain, Malek Boutih, le candidat PS dans la 10e circonscription (Sainte-Geneviève-Grigny).

Sur le parvis, du haut de ses… 86 ans « et demi », précise-t-elle, Marcelle Ponceau détonne. « Tenez, prenez les nouvelles », lance-t-elle à une femme pressée qui refuse le tract avant de finalement le prendre. Il faut dire que l’octogénaire a l’argument choc : « Les nouvelles sont bonnes et, en plus, le candidat est beau. »

Militante depuis 1971, à son arrivée dans la ville, elle sait ce qu’il « ne faut pas faire ». « Dire à quelqu’un : Votez pour lui, ça ne marche pas. Mieux vaut une pointe d’humour. »

Abandonnée par sa mère, élevée « à la dure » en Bourgogne, Marcelle oublie ses chagrins de vie en déployant une énergie phénoménale à aider les autres. « On m’appelle, je rapplique », dit celle qui, en plus de son bénévolat dans différentes associations, distribue des tracts et participe aux réunions publiques de Malek Boutih. « Ah, ma fiancée ! » lui lance le maire PS, Olivier Léonhardt, en l’apercevant. « Elle force le respect. Qu’il neige, qu’il pleuve, elle est là, pleine d’entrain.»

Mais attention, Marcelle n’est pas du genre à se laisser envahir par un parti. « La politique, ça ne m’intéresse pas, c’est soit je crois en l’homme, soit je n’y crois pas. Seul l’humain compte. Avant 1971, j’étais plutôt de droite. Maintenant, je suis à gauche, mais ça ne compte pas vraiment. » Avec sa broche qui indique qu’elle est porte-drapeau — « ma plus grande fierté » —, elle écume les rues de Sainte-Geneviève. Quand elle voit des tracts pour son poulain abandonnés au détour d’une poubelle, elle les ramasse pour les redistribuer. La seule chose qu’elle attende? « Un sourire. »