Mon parcours

5Malek Boutih est né le 27 octobre 1964 à Neuilly-sur-Seine. Il a été élu Député de la dixième circonscription de l’Essonne en juin 2012. Président de SOS Racisme de 1999 à 2003, il a été secrétaire national du Parti socialiste chargé des questions de société de 2003 à 2008. Malek Boutih est membre de la Commission de la Défense et des Forces Armées de l’Assemblée Nationale. Il est aussi membre titulaire du Haut Conseil à la Vie Associative.

Malek Boutih est issu d’une famille algérienne d’origine kabyle. Après des études de droit à la faculté de Nanterre et à l’École supérieure de journalisme de Paris, il s’engage dans le militantisme et la vie associative. Il participe en 1983 à la Marche pour l’Égalité. Il entre à SOS Racisme en 1984, en devient le vice-président de 1985 à 1992, fonde la Maison des Potes de Grigny, l’association Banlieues du Monde (1995) ainsi que le journal Pote à Pote (1995).

Son mandat à la tête de SOS Racisme est marqué par la création du testing et les premières condamnations dans des procès contre les discriminations raciales à l’embauche, au logement et à l’entrée de boîtes de nuit. Sa plus grande victoire étant sûrement la validation de la pratique du testing par la Cour de Cassation. Dans la lutte contre le racisme et ses racines, il mise sur l’éducation et s’attaque aux ghettos urbains avec deux priorités : brasser les populations et lutter contre la violence. Enfin, il a été un des premiers en 2002 à sonner l’alerte sur la montée de l’antisémitisme en France, sous couleur d’antisionisme.

Il prend position contre le communautarisme et la discrimination positive. Il déclare : « En France, les minorités ça n’existe pas ! Nous ne sommes pas une espèce menacée. Et si on se met à parler l’arabe ou le mandingue, le breton ou le corse, on fera exploser la communauté nationale. La France, c’est la baguette, le vin, le fromage, et maintenant le couscous, plus « Liberté, égalité, fraternité ». Il y a deux cent ans, nous avons pris une longueur d’avance en fabriquant une identité nationale politique et non ethnique».

Pour Malek Boutih, les enfants d’immigrés ont pris pied dans la société française. Ils sont Français. Affirmer cette nationalité constitue une sorte de mot d’ordre politique destiné à cette génération. Par là, il entend persuader des jeunes qui sont français, mais à qui on tente de faire croire le contraire par des signes qu’on leur renvoie , qu’ils ne sont pas français, voire qu’ils ne peuvent prétendre à l’être. Selon lui, il faut que la France reconnaisse enfin que l’intégration a bel et bien eu lieu et qu’elle est métissée. Il fustige les extrémismes religieux.

Dans son mandat à la tête de SOS Racisme, il a mené  un combat régulier contre la violence dans les banlieues qu’il qualifie d’« autodestructrice et nihiliste » dans ses Propositions pour un véritable Plan Marshall pour les Banlieues parce qu’elle empêche l’émancipation d’une génération et l’envoie à l’échec. Il refuse de cautionner la violence comme étant la seule issue face à la marginalisation et y préfère les luttes politiques, syndicales et associatives. Seul l’engagement de cette génération permettra selon lui de faire échec à la spirale de la violence et aux discriminations ethniques et géographiques qu’elle subit.

Membre depuis 1986 du Parti socialiste, à la fin de son mandat à la tête de SOS Racisme, il est nommé à la direction nationale après le congrès de Dijon en 2003 en qualité de secrétaire national aux Questions de sociétés. Cette fonction sera renouvelée au congrès du Mans en 2005. Il est chargé de la lutte contre le racisme, l’immigration, la lutte contre le sida et la lutte contre les toxicomanies.

Il écrit un rapport sur l’immigration, Une nouvelle politique de l’immigration en 2004, commandé par la direction nationale du PS afin de donner une ligne officielle sur le sujet. Son objectif est de convaincre l’opinion publique que l’immigration est un apport essentiel à la France quand elle est véritablement contrôlée et organisée.

Depuis le congrès du Mans, face à la crise sociale et identitaire du pays, il défend l’idéal de « République métissée ». Selon lui, c’est la République métissée qui doit être le nouveau drapeau et rassembler l’ensemble de la population française. Une République qui peut faire de ce pays, non pas celui qui est montré du doigt parce qu’il y aurait des violences, mais celui qui, fidèle à la tradition historique, rouvre une nouvelle page de son histoire qui permette de rassembler les peuples, d’ouvrir un espoir dans le monde qui soit une autre voie que celle du choc des civilisations, du cahier des charges des religions, du choc des différences, mais plutôt celle du rassemblement des espérances. Il pense en effet que la République est un concept qui ne peut rester figé et qu’elle doit tendre vers un idéal qui allie la tradition de ce qui a de plus beau dans l’histoire française, l’histoire républicaine, mais qui se tourne aussi vers l’avenir, qui assume la place de la France dans le monde, qui assume les nouvelles générations de Français, qui assume la diversité non pas comme un handicap mais comme une richesse.

Dans son rapport sur les toxicomanies en 2006, Cannabis : contrôler l’usage pour protéger les citoyens, Malek Boutih prône la reprise du marché par la puissance publique afin de lutter contre la mafia, le cannabis étant selon lui « la clé de voûte de la ghettoïsation et de l’insécurité dans les quartiers populaires ». Cette idée a été reprise par le projet du Parti socialiste pour 2007 sous la forme de « régulation publique ».

Proche de Julien Dray, il soutient dès 2006 la candidature de Ségolène Royal à l’investiture PS pour l’élection présidentielle française de 2007.

Durant la campagne présidentielle de 2012, il est conseiller, avec d’autres, dans la campagne de François Hollande.

Malek Boutih s’est par ailleurs rapproché d’Arnaud Montebourg . Il a notamment rejoint son mouvement « La Rose et le Réséda » et a récemment déclaré : « Arnaud dispose autour de lui de nombreux profils de haut niveau intellectuel, moi je peux lui apporter mon côté plus politique ».

Malek Boutih exerce également la fonction d’administrateur au sein du collège des personnalités qualifiées du Paris Saint-Germain.

Par ailleurs, M. Boutih travaille pour Skyrock où il est directeur des relations institutionnelles.

Il a reçu les insignes de chevalier de l’ordre national du Mérite en 2001.

En 2003, il a reçu le prix du trombinoscope « révélation politique de l’année » décerné au Sénat.

Publication : La France aux Français ? Chiche !, Éditions Mille et une nuits, 2001.